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 Chronique : " Beggars Banquet " (Rolling Stones)

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Chouman
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MessageSujet: Chronique : " Beggars Banquet " (Rolling Stones)   Mar 25 Mai - 12:15

Estimer que 1967 constitue, dans l’histoire alors courte des Rolling Stones, une année difficile, se révèle un euphémisme. 1967 est en effet marquée par la sortie de l’album Their Satanic Majesties Request, un disque incompris, s’éloignant des racines du groupe plus encore que Between the Buttons paru la même année. " Satanic Majesties " se veut en effet une œuvre psychédélique, comme en témoignent les extraits 2000 Light Years from Home ou In Another Land, premier morceau signé Bill Wyman. Cet album reçoit un accueil très mitigé, d’autant qu’il sort malencontreusement en même temps que le fameux Sgt Pepper’s de leurs prétendus rivaux les Beatles.

En février, les Stones connaissent également de sérieux problèmes judiciaires suite à une descente de police effectuée lors d’une soirée au domicile de Keith RICHARDS. Les substances illicites découvertes valent trois mois de prison à Mick Jagger et un an à Keith Richards. Les futurs Glimmer Twins sont heureusement libérés sous caution après quelques jours de détention, et leurs peines seront annulées en appel au début de l’été 1967.

Toujours à ce chapitre, Brian Jones est inculpé pour détention de drogues en mai et écope de neuf mois de prison en octobre. Il bénéficie du même sort clément que ses camarades. Cependant, ce garçon fragile commence à perdre pied, ce qui ne s’arrangera pas en 1968, lorsque sa compagne, le mannequin Anita Pallenberg, lui préférera Richards. De fait, Beggars Banquet sera le dernier album du groupe à bénéficier de ses parties instrumentales si inspirées, notamment à la guitare slide.

Dans ce chaos, le redoutable honneur de produire le nouvel album des Stones revient à Jimmy Miller. Andrew Loog Oldham vient en effet d’être congédié, celui-là même qui a orchestré la réputation de mauvais garçons du combo et les a poussés à enregistrer leurs propres compositions. Miller se montrera digne de la confiance qui lui a été apportée, puisqu’on considère généralement que l’âge d’or des Rolling Stones correspond à la période 1968-1972, qui s’ouvre avec Beggars Banquet.

Après les égarements psychédéliques de Their Satanic Majesties Request, Beggars Banquet constitue un retour aux sources pour le groupe. « Parachute Woman » en témoigne notamment. Ce morceau entraînant repose sur une formule blues-rock ternaire classique et bénéficie d’une intervention inspirée de Mick Jagger à l’harmonica.

Quant aux paroles, elles se révèlent parfois sans équivoque, et ce dès le
premier vers : « Parachute woman, land on me tonight », dont l’obscénité n’a pas grand-chose à envier au blues lubrique de Led Zeppelin, « The Lemon Song ».

Les Stones rendent également hommage à leurs maîtres en interprétant
« Prodigal Son » de WILKINS. Ils avaient certes perdu l’habitude des reprises depuis la sortie en 1966 d’Aftermath, leur premier disque composé
exclusivement de compositions originales, mais cette version n’aurait pas
déparé leurs deux premières livraisons, The Rolling Stones et The Rolling Stones N°2, plus connu sous le titre de sa version américaine, 12 x 5.

Les parties de guitare slide viennent également enrichir l’album. Un titre comme « No Expectations » en bénéficie. JAGGER y interprète avec un timbre très mélancolique le blues des groupes de rock en tournée qui semblent perpétuellement devoir quitter une ville pour une autre. Ce morceau se termine sur un des passages les plus réussis de cet album, une mélodie constituée de notes cristallines jouée au piano.

Par ailleurs, Beggars Banquet offre des morceaux mâtinés de country tels que « Factory Girl » ou « Dear Doctor ». Ce dernier révèle l’influence que commencent à apporter les Byrds et qui ira croissant jusqu’au double album Exile on Main Street, paru en 1972. Ce groupe venait alors de recruter Gram PARSONS, un authenthique amoureux des musiques country et western. Celui-ci se liera par la suite d’amitié avec RICHARDS, dont il sera un
compagnon indéfectible durant l’enregistrement de Exile on Main Street. Fort heureusement, « Dear Doctor » n’est pas traité de manière parodique par JAGGER, contrairement à certains titres enregistrés par la suite par les Stones, ainsi le caricatural « Far Away Eyes » sorti en 1978.

L’album comprend également un futur standard du groupe :« Sympathy for the Devil », un morceau épique qui figure encore aujourd’hui parmi les fers de lance scéniques du groupe. Cette composition fut cependant très controversée à sa sortie puisqu’elle semblait prêter au groupe des penchants sataniste, le narrateur étant tout simplement le Diable en personne ! Ces interprétations semblent aujourd’hui hâtives : la chanson a été inspirée à JAGGER par le roman Le Maître et Marguerite de Mikhaïl BOULGAKOV, dans lequel le Diable apparaît comme un personnage riche et bien élevé, « a man of well and taste », comme l’écrit le chanteur. On ne peut pourtant pas nier que cette chanson comporte son lot de provocations, JAGGER s’écriant « Every cop is a criminal, and all the sinners saints ». Ce morceau comporte en outre l’un des rares solos de guitare de Keith RICHARDS, dans un style qui, comme toujours chez lui, privilégie l’efficacité mélodique et rythmique à la virtuosité.

Enfin, les Stones doivent dès 1968 faire face à la censure de leurs pochettes d’albums. Decca refusera en effet de publier Beggars Banquet illustré par une photo de toilettes dont les murs sont jonchés de graffiti. Ce cliché ne devait réapparaître qu’au moment des rééditions CD de leur catalogue.
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Eric
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MessageSujet: Re: Chronique : " Beggars Banquet " (Rolling Stones)   Mar 25 Mai - 12:40

Citation :
" Satanic Majesties " se veut en effet une œuvre psychédélique, comme en témoignent les extraits 2000 Light Years from Home ou In Another Land, premier morceau signé Bill Wyman. Cet album reçoit un accueil très mitigé, d’autant qu’il sort malencontreusement en même temps que le fameux Sgt Pepper’s de leurs prétendus rivaux les Beatles

Le problème de Satanic, c'est surtout qu'ils sort six mois après Sgt Pepper :

- juin pour l'album des Beatles, qui a lancé le Summer of Love et ouvert le rock psychédélique au mainstream, alors que ce n'était jusque là qu'un mouvement underground

- décembre pour celui des Stones, alors que la fête était finie, qui a été considéré comme une pâle copie (à juste titre, bien que j'aime beaucoup cet album), on sent les Stones désespérés de s'accrocher au wagon, qui s'égarent parfois dans des jams sans intérêt


Je ne suis pas d'accord avec l'histoire de 67 annus horibilis des Stones qui revient souvient. Between The Buttons est un de leurs meilleurs albums, il sortent "We Love You", "Let's Spend The Night Together" et "She's A Rainbow" en single... la musique des Stones n'est jamais si bonne que quand le chaos les entoure
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Chouman
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MessageSujet: Re: Chronique : " Beggars Banquet " (Rolling Stones)   Mar 25 Mai - 13:59

Merci Éric d'avoir corrigé ma boulette ! La prochaine fois, c'est promis, je consulterai mieux mes sources.

Amitiés rock. Chouman
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MessageSujet: Re: Chronique : " Beggars Banquet " (Rolling Stones)   Mar 25 Mai - 20:51

Merci l'ami pour cette chronique. Je suis un grand fan de Beggars Banquet, souvent dénigré comme un disque de blues de blancs mou du genou. Pour moi, le meilleur morceau derrière "Sympathy", pur chef d'oeuvre et un des grands hymnes rock, s'appelle "Jigsaw Puzzle", souvent injustement oublié. Ca groove sévère et la voix de Jagger est à son meilleur.

Effectivement le groupe n'est jamais aussi bon que dans le chaos. En témoigne l'enregistrement de Exile dans le sud de la France, où les Stones étaient venus se planquer du fisc anglais. Des jam sessions sous influence avec le magnéto qui tournait en boucle, ou comment revisiter ses influences américaines depuis la Côte d'Azur...

67-72, période dorée des Stones? Effectivement, les titres aberrants s'enchaînent: "Sympathy", "Jumpin' jack flash", "Gimme Shelter", "Let's spend the night together". Mais à mon sens, il y a une grande différence entre "Between the Buttons", très British et kinksien ("Back street girl", "Something happened to me yesterday") et les albums suivants, ancrés dans le blues et saturés de riffs.

"Out of our heads" (1965) est un disque remarquable sur lequel figurent tout de même des titres tels que "I cant' get no" (sur la version US), "Gotta get away" (que j'adore) ou "I'm Free". Et si quelqu'un me disait que son Stones préféré était "Aftermath" je pigerais parfaitement: "Mother's little helper", "Under my thumb", "Out of time", "Take it or leave it" sont d'excellentes chansons, sans oublier "Paint it Black" pour la version US.

J'avoue personnellement un gros faible pour "Ride on baby", chanson enregistrée pendant les sessions d'Aftermath et qui n'est sorti que sur la compil US "Flowers". Jack Nitzsche au clavecin. Un petit bijou pop. Le lien, avec sous-titres espagnols en bonus:

http://www.youtube.com/watch?v=3olX5H83Sv8
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el hidalgo del quinto
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MessageSujet: Re: Chronique : " Beggars Banquet " (Rolling Stones)   Mar 25 Mai - 20:54

J'oubliais: dans "Sympathy", les paroles sont " a man of wealth and taste", si je ne m'abuse docteur. Un homme blindé de thunes et de bon goût. Un peu comme Jagger en jogging.
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Chouman
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MessageSujet: Re: Chronique : " Beggars Banquet " (Rolling Stones)   Ven 28 Mai - 8:40

Merci El hidalgo del quinto pour ta remarque : effectivement, " a man of well and taste " ne veut rien dire ! C'est promis, j'arrête de finir mes chroniques à minuit...

Amitiés rock, Chouman
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MessageSujet: Re: Chronique : " Beggars Banquet " (Rolling Stones)   

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