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 White Stripes - Icky Thump

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Puck
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MessageSujet: White Stripes - Icky Thump   Dim 26 Avr - 14:18

On causait White Stripes sur le chat, et je me dis que ça risque d'en amuser de lire ça :






Les White Stripes atteignent donc la date fatidique des dix ans de carrière avec cet Icky Thump. Ces dernières années auront vu Jack White mis en avant comme la figure majeure du rock actuel, sa capacité à aligner trois albums en autant d’année sans sembler s’essouffler relançant l’intérêt dont il fait l’objet depuis quelques temps déjà. En 2006, c’était donc avec les Raconteurs qu’il créait l’évènement, abandonnant les compositions foisonnantes de son premier groupe pour des structures plus classiques, de simples chansons construites autour d’une idée et remportant l’adhésion du public en respectant les règles de la pop qu’on le connaissait habitué à remâcher bien plus âprement. Sa comparse Meg un peu écartée dans ces histoires, il revient pourtant l’année suivante en sa compagnie pour un nouvel album des White Stripes, le sixième et le meilleur.

Voilà pour le paragraphe d’introduction, mais cette chronique trop bateau commence à me barber, et de toutes façons je n’ai jamais aimé les White Stripes. Alors avant d’en revenir à Jack, je vais vous parler de Quentin Tarantino et d’Umberto Eco. Depuis quelques décennies, bien des aspects de notre cultures en général, et des arts populaires en particulier, sont entré dans ce que l’on nome post-modernisme. C’est l’age de la citation, de la reprise et du détournement, celui où l’on fait du neuf avec du vieux, parce qu’on ne crois plus à la création. Tout a déjà été dit, alors on répète, en introduisant son propre art dans le propos comme en contrebande, au passage. Dans son « Apostille au Nom de la Rose », Umerto Eco a défini avec une grande finesse nos problèmes d’hommes post-modernes :

« La réponse post moderne au moderne consiste à reconnaître que le passé, étant donné qu’il ne peut être détruit parce que sa destruction conduit au silence doit être revisité : avec ironie, d’une façon non innocente. Je pense à l’attitude post-moderne comme à l’attitude de celui qui aimerait une femme très cultivée et qui saurait qu’il ne peut lui dire : « je t’aime désespérément », parce qu’il sait qu’elle sait (et elle sait qu’il sait) que ces phrases, Barbara Cartland les a déjà écrites.
Pourtant, il y a une solution. Il pourra dire : « comme disait Barbara Cartland, je t’aime désespérément ». Alors en ayant évité la fausse innocence, en ayant dit clairement que l’on ne peut parler de façon innocente, celui-ci aura pourtant dit à cette femme ce qu’il voulait lui dire : qu’il l’aime et qu’il l’aime à une époque d’innocence perdue. Si la femme joue le jeu, elle aura reçu une déclaration d’amour. Aucun des deux interlocuteurs ne se sentira innocent, tous deux auront accepté le défi du passé, du déjà dit que l'on ne peut éliminer, tous deux joueront consciemment et avec plaisir au jeu de l'ironie... Mais tous deux auront réussi une fois encore à parler d’amour. »

La fin de l’innocence n’implique donc pas celle du sens, dans le propos d’Eco, pas plus que celle de l’art, dans sa métaphore. Alors quoi ? Quel rapport avec les White Stripes ? C’est très simple : remplacez Barbara Cartland par Led Zeppelin ou les Rolling Stones, et vous pouvez adapter ce dialogue à ceux qu’on sans doute eu Jack et Meg en studio : « J’enregistrerai bien un truc avec de la mandoline et un faux air celtique, des racines écossaises ou quelque chose comme ça, mais c’est The Battle of Evermore, alors on va reprendre les mêmes ingrédients, mais pour en faire un gigue. » Une gigue, parce que le second degré n’est jamais loin lorsqu’on parle de post-modernisme. Et le titre sera Prickly Thorn But Sweetly Worn. Avant ça, on a déjà eu un morceau échappé d’une session des Stones période Sticky Fingers avec le rock You Don’t Know What Love Is (You Just Do As You’re Told), à moins que le travail des guitares par Jack n’évoque plus les Flammin’ Groovies dont il a repris avec obstination un morceau à chaque concert des Raconteurs.

Mais je vous avais promis de parler un peu de Tarantino, pour éviter l’enlisement dans la description des blues et des rock de Icky Thump. Chose promise, chose dute. Cinéma et musique sont les deux arts populaires du XXIe siècle, après avoir été ceux du Xxe. En matière de cinéma, si Brian DePalma fut sans doute le premier post-moderniste obsessionnel (ses filmes n’étant que relectures infinies des œuvres classiques d’Hitchcock et Wells), c’est Tarantino, en remportant la Palme d’or en 1994 pour Pulp Fiction, qui a fait entrer l’art de la citation dans la mode. Chose importante également, il a remis en valeur les sous-cultures dans le cadre de ces citations : un Travolta échappé des années 70 disco, le hamburger comme idéal gustatif, les romans de gare comme référence première (les pulps), le surf-rock de Dick Dale ou des Ventures, la liste n’en fini pas. Comme DePalma avant lui, Tarantino est un cinéaste virtuose, dont l’œuvre toute entière se veut ludique. Un travail extrêmement complexe visant à un plaisir simple et décomplexé. C’est comme ça que Tarantino est devenu le fer de lance du cinéma indépendant américain, l’homme qui a lié dans de mêmes films l’art et essai et le succès commercial, les jeunes cinéphages et le vieux cinéphiles, et a finalement atteint la place étrange de cinéaste culte, sans doute le plus important d’Amérique, avant son quarantième anniversaire. Arrivé à ce stade, quelque chose devrait tilter : prenez Jack White, virtuose du studio capable sur Catch Hell Blues de retrouvé au grain près le son de guitare de Jimmy Page à la grande époque de Physical Graffiti, un son qu’on a pas entendu depuis trente ans. Formelement, White, comme Tarantino, possède une maîtrise absolue de son sujet. Intellectuellement, White, comme Tarantino, n’a de cesse de faire du neuf avec du vieux, comme sur le long 300M.P.H. Torrential Outpour Blues au sein duquel il multiplie les formes de blues, entre le plus folk des accords sorti du delta du Mississippi et la plus saturé des amplifications de Chicago. Et, encore une fois, White, comme Tarantino, occupe maintenant une place unique dans le paysage américain, fer de lance de l’écrasante place commerciale qu’a pris le rock indépendant dans les charts. Ces deux hommes, à quelques petites années d’écart, on avec une semblable maîtrise du paradigme post-moderne trouvé le moyen de donner un souffle à leur art capable d’embraser celui de leurs contemporains, au point que les frontieres s’effacent. Dix ans après Tarantino, les majors d’Hollywood produisent du cinéma d’art et d’essai, et les producteurs indépendants représentés à Sundance caracolent en tête du box office. Dix ans après les White Stripes, le rock « indie » est devenu une culture et une mode sans que son indépendance ne soit plus rien qu’une pose affectée.

C’est à cause de tout ça que j’ai précisé en début de chronique que je n’aimais pas les White Stripes. Les cent idées par chansons nuisent parfois à l’efficacité et à la clarté du propos, et je préfère le vieux concept « une idée, une chanson » que suivent les Raconteurs. Ceci ne m’empêche pourtant pas d’être convaincu qu’on a encore rien vu (en musique comme en cinéma) capable de nous faire sortir du post-modernisme. On a bien murmuré « néo-classique » dans certains magasines à propos d’Eastwood ou Mann, mais le souffle est bien vite retombé. Et en musique ? La techno fut l’art de la reprise par excellence, avec le sample, le rap est entré dans cette époque lui aussi… on attend donc. En attendant, il n’y a sans doute aucun groupe de rock aussi important que les White Stripes. Et Jack White et Quentin Tarantino sont les deux artistes les plus importants des USA à ce jour. Ceci suffit à l’amateur de rock pour s’intéresser aux White Stripes, tant il serait aussi vain de vouloir comprendre les choses sans les connaître que de se dire cinéphile sans avoir une idée du travail de Tarantino.

Pour conclure sur ce sujet qui n’intéresse que moi, j’ai gardé le meilleur pour la fin. Post-modernisme, donc, age de la reprise. Il ne s’agit pas seulement de composer comme les Stones, de reproduire le son de Led Zeppelin, et de pratiquer le blues sans y croire, la reprise peut également prendre une forme bien plus directe. Ainsi les White Stripes reprennent Conquest de Patti Page. Vous la remettez ? L’une des plus grosses vendeuses d’easy-listening dans les années 50. Une chanteuse à peu près aussi inintéressante que les films d’exploitations cités par Tarantino dans son Grindhouse. How Much Is That Doggie In The Window, l’exemple même de l’ininteret musical selon Lester Bangs, c’est elle. Tremblez rockers, les White Stripes reprennent ce que la plus part de leurs jeunes fans appelleraient sans sourciller « de la merde » si seulement ils connaissaient cette musique. Patti Page a apporté à peu prés autant à la musique que Barbara Cartland à la littérature. Pourtant, le choix de Conquest se porte sur un texte loin d’être inintéressant, qui conte un retournement de situation dans l’habituelle loi carnassière qui régi les rapports entre les sexes. Jack White peut donc donner une lecture féministe de cette chanson lorsqu’il chante « the hunted became the huntress / the hunter became the prey ». Plus important encore, les arrangements faits de trompettes majestueusement kitches et d’une rythmiques assourdissantes forment un parfait wall of sound spectorien qui n’en fini plus de tresser le fil rouge post-moderne de l’album, ajoutant une nouvelle évocation sonore à un tableau déjà chargé. Mais la surcharge n’est pas un risque en la matière, c’est au contraire elle qui permet de créer un propos original et personnel qui ne soit celui d’aucun des éléments cités.

Est il bien nécessaire d’aller plus loin ? L’intérêt du propos d’Icky Thump et l’importance du groupe devraient suffire à ne pas passer cet album sous silence. Reste que j’ai affirmé qu’il constituait la meilleure production du duo, et je vais rapidement en résumer les raisons. Les White Stripes se sont fait une spécialité des titres longs, à tiroirs, multipliant les idées, les riffs, en utilisant pour cela la possibilité rythmique d’une batterie seule pour créer les breaks et autres variations rythmiques nécessaires à la liaison d’éléments hétérogènes. Leurs chansons sont tout sauf linéaires. Jusqu’ici, le sommet en la matière était Elephant, avec ses gras riff rock déclinés sous de nombreuses formes (on ne citera que le renouvellement du son de guitare sur le simple Seven Nation Army que tout le monde connaît). Avec Icky Thump, ce travail fait enfin des rebondissements et ruptures les arguments des morceaux. Plutôt que collage d’idées, l’album fait du collage lui même sa grande idée. C’est 300M.P.H. Torrential Outpour Blues avec ses pistes de guitares toutes différentes, seule la batterie restant égale à elle même, mais c’est aussi un élément important à l’échelle de l’album. Sans varier les sons d’un morceau à l’autre avec l’entêtement de Get Behind Me Satan, les White Stripes conservent une esthétique d’ensemble, la teinte blues et folk qui colore leurs rocks. A ce titre, si les deux genres se confondent dans le léger refrain de l’acoustique Effect And Cause final, le centre de l’album constitue l’œil d’un cyclone d’électricité, de basses et d’aigus saturés, avec deux titres folk dont les arrangements bénéficient de l’apport d’une cornemuse pour des airs dansants et apaisants. Une petite thalasso en Ecosse avant de reprendre la route du rock. Côté blues, on retrouve la vieille musique sous toutes ses formes, noires ou blanches, du delta au blues-boom. Un talkin’ blues dans Rag And Bone, faisant dialoguer Jack et Meg, des variations du rock classique jusqu’au hard en passant par l’habituel son garage toujours sous perfusion de musique bleu, ainsi bien sur que les deux titres comportant le mot lui même.

Comme un grand album doit le faire, Icky Thump trouve la diversité sans abandonner le giron d’un propos unique. Sa course suit une logique propre, ouverte par le morceau titre, sa description du Mexique étant l’occasion de travaux sonores extraterrestres visant à tirer des guitares et claviers des distorsions étranges. Le travail de Jack White sur ce titre, comme Broken Bone avec sa voix saturée et distordue et son solo informe, est reconnaissable entre mille. Quiconque se plaint du caractère interchangeable de nombreux musiciens de nos jours devrait trouver dans les recherches esthétique de cet homme une personnalité inimitable. A tel point que son exercice de style zeppelinien sur Catch Hell Blues, loin de constituer un petit clin d’œil, est sans doute le morceau le plus passionnant d’un album qu’on écouté déjà le souffle court. L’ardeur de l’auditeur est d’ailleurs d’autant mieux alimentée que cette fin d’album aligne une série de rocks plus simples, plus stoniens que les White Stripes n’en ont jamais composés, mais aussi leurs meilleurs. Quelque part entre leurs habituelles déstructurations rythmiques toujours présentes dans la première partie d’Icky Thump et les pop-songs linéaires des Raconteurs, I’m Slowly Turning Into You et A Martyr For My Love For You donnent enfin à entendre Jack White comme pur song-writter rock. Il est aussi talentueux dans ce travail essentiel que dans ses facettes de touche à tout sonore ou d’historien des formes musicales, et ça n’a pourtant pas toujours été le cas. Ainsi, l’héritier revendiqué des Stooges qui se retrouve en 2007 leur concurrent dans les bacs fait mieux que ses idoles, et on se prend à rêver de la rencontre qu’à longtemps laissé espérer la rumeur d’un Jack White producteur pour la bande d’Iggy Pop. Toute la matière de cette album est celle du rock des 60’s et 70’s, faisant l’impasse sur tout ce qui a pu avoir lieu depuis… à l’exception des avancées technologiques permettant de retrouver tous ces sons oubliés, puisque Icky Thump fut enregistré dans un studio numérique, et non pas sur les vieilles machines analogiques habituellement dévolues à de tels exercices formels. Formellement passionnant, cet album a avant tout pour qualité d’utiliser un matériaux ancien sans se montrer passéiste. Au rythme de la batterie de Meg White, chaloupant au son des power-chord de son ex-mari, l’histoire du rock est toujours en marche, et il continu de se relever après chaque faux pas, alors que d’aucuns le croient mort et enterré. Idée pour le titre d’un prochain album : Night of the living-rock !
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John the revelator
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MessageSujet: Re: White Stripes - Icky Thump   Dim 26 Avr - 16:48

Bel article Wink

Je regrette juste de ne pas avoir été présent au bon moment sur le chat pour en discuter aussi, et de ne pas comprendre comment une chronique commencée avec "je n'aime pas les White Stripes" se termine avec autant de superlatifs. Very Happy

J'ai du mal à considérer Icky Thump comme le meilleur album des White Stripes. À sa sortie, j'étais heureux de voir Jack laisser de côté marimba et piano pour retrouver la veine bleue de sa guitare (rouge). Ses expérimentations sonores (permises par une certaine maîtrise musicale) et sa volonté de travailler sur l'origine de ses propres influences en font effectivement un artiste capable de transcender certains genres (blues, rock zeppelinien, folk...) sans pour autant en perdre l'esprit initial. Mais, je suis incapable de "couper" Icky Thump du reste de la discographie! Je vois chaque nouvel album des White Stripes de façon "double": seul comme une oeuvre ponctuelle dans un espace-temps musical donné où l'album se suffit à lui-même et l'analyse de celui-ci se veut "interne", et au regard de tous les autres albums déjà produits comme une pièce supplémentaire d'un puzzle qui se réinvente sans cesse. Je dois être une buse mais je ne peux m'empêcher de regarder "le chemin parcouru" par les White Stripes pour aimer cet album, et peut-être préferer les 1ers albums.

Il faudrait que je me replonge dans mes CDs (en me rappelant le contexte et l'histoire de chaque album) pour avoir un avis plus facile à débattre, et prétendre que "tel album est l'album ultime des White Stripes". Je rentre en France dans 8 jours, on peut se faire un débat autout d'une bière? Cool Very Happy
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Puck
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MessageSujet: Re: White Stripes - Icky Thump   Dim 26 Avr - 16:52

Un congrès Planet Gong, c'est vrais que ça vaudrait le coup.
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John the revelator
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MessageSujet: Re: White Stripes - Icky Thump   Lun 27 Avr - 0:05

Avec une présentation powerpoint pour chaque participant, je verrais très bien des titres du style "Rénovez son garage dans le style Detroit", "Le freakbeat polonais, de Staline à aujourd'hui"... Very Happy

Pour être plus sérieux, ça tenterait du monde de tous se rencontrer sur Paris bientôt? ou je suis le seul à ne connaitre personne? Embarassed
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Eric
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MessageSujet: Re: White Stripes - Icky Thump   Lun 27 Avr - 14:45

Si t'es de passage sur Paris, ce serait avec plaisir ! On pourrait faire une réunion des cerveaux (ça va être dur pour Rémi d'être là par contre).

Avec Frankystooge on se voit régulièrement aux mêmes concerts.
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MessageSujet: Re: White Stripes - Icky Thump   Lun 27 Avr - 15:19

Bonne idée ! Par contre on essaiera autre chose que le freakbeat polonais ou alors faudra boire quelques pintes avant...
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MessageSujet: Re: White Stripes - Icky Thump   Lun 27 Avr - 16:06

Frankystooge a écrit:
Bonne idée ! Par contre on essaiera autre chose que le freakbeat polonais ou alors faudra boire quelques pintes avant...

il est super ce disque!
et c'est pas du freakbeat, c'est juste de la beat ou du rnb (au sens "anglais")
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MessageSujet: Re: White Stripes - Icky Thump   Lun 27 Avr - 16:39

Je plaisante ! en plus j'ai pas encore écouté les morceaux ! Very Happy

Mais on pourra aussi parler du garage péruvien !
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MessageSujet: Re: White Stripes - Icky Thump   Lun 27 Avr - 16:58

Frankystooge a écrit:
Je plaisante ! en plus j'ai pas encore écouté les morceaux ! Very Happy

Mais on pourra aussi parler du garage péruvien !

au Pérou il y a qq trucs pas mal ouai, à commencer par los Saicos ou los York's, ces derniers ont vraiment un style bien à eux, amateur mais en même temps vraiment baré, dommage qu'il y ai presque uniquement des reprises!

il y a qq trucs en Argentine, mais c'est pas la "folie", le Brésil c'est excellent à cause de la scène tropicalia, l'Urugay c'est bien, le Chili je ne connais pas trop, le Méxique c'est pas trop mal ... voila pour ce que je me souviens de tête concernant l' Amérique latine
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MessageSujet: Re: White Stripes - Icky Thump   Lun 27 Avr - 17:19

blau_up a écrit:
Frankystooge a écrit:
Je plaisante ! en plus j'ai pas encore écouté les morceaux ! Very Happy

Mais on pourra aussi parler du garage péruvien !

au Pérou il y a qq trucs pas mal ouai, à commencer par los Saicos ou los York's, ces derniers ont vraiment un style bien à eux, amateur mais en même temps vraiment baré, dommage qu'il y ai presque uniquement des reprises!

il y a qq trucs en Argentine, mais c'est pas la "folie", le Brésil c'est excellent à cause de la scène tropicalia, l'Urugay c'est bien, le Chili je ne connais pas trop, le Méxique c'est pas trop mal ... voila pour ce que je me souviens de tête concernant l' Amérique latine

lol t'es fou faut pas le lancer sur le garage latino, t'en a pour quelques heures alien

tiens d'ailleurs, j'ai toujours pas écouté ma compil delincuente, j'ai honte !
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MessageSujet: Re: White Stripes - Icky Thump   Lun 27 Avr - 17:22

pour faire un petit bilan, comme ça très personnel, et incomplet

Europe

Pays-Bas: scène remarquable, à mon avis celle qui talonne de plus près les EU et le RU en terme de qualité/quantité
groupes les plus connus: Outsiders, Q65, Motions, Golden Ear-rings

Suède: un groupe grandiose (les Tages), qq obscurités cool, qq groupes connus pas mauvais du tout (les Mascott) globalement scène dans la moyenne disons sans être exceptionnelle (à part les Tages)
groupes les plus connus: Tages, Hep Stars, Ola and the Janglers

Allemagne: malheureusment je connais assez mal cette scène, donc je pourrai difficilement juger
les groupes les plus connus: Rattles, Boots et Lords

Italie: je pensais que c'était de la merde, et franchement en fait il y a de bons trucs, après honnêtement c'est pas la scène la plus impressionnante du monde, mais il y a des choses pas mal et accessible au niveau prix
les groupes les plus connus: I Bisonti, I Corvi, Nico e i Gabbieni, New Trolls

Espagne: ma scène "chouchou", à mon avis gros level, mais méconnu à cause de la langue...en tout cas c'est là qu'on trouve des groupes un peu violents, et aussi inspirés!
les groupes les plus connus: los Brincos, los Sirex, los Mustangs, los Salvajes, los Bravos

Autres Pays Scandinave: je ne connais pas assez bien pour en parler, en tout cas ça existe les groupes dannois, et finlandais!

Pays de l'Est: malheureusement peu ont enregistré des disques à cause du monopole d'état sur la musique mais il y a qq formations très talentueuses notamment en Pologne et en ex-Tchequoslovaquie (après je connais assez mal aussi)

Grèce: qq formations chouettos là bas, mais pareil j'ai pas eu le temps de vraiment m'y mettre à fond!

Portugal: j'ai entendu qq trucs sympas, mais à mon avis on est en dessous de ce qu'on trouve en Espagne ou en Italie

Belgique: quelques trucs plutôt cool, notamment les Shake Spears, scène majoritairement en anglais malheureusement! dans le genre soul il y a aussi les excellents Jess & James!

France: bah finalement le niveau des qq groupes que l'on a n'est pas si mal que ça, après c'est souvent très rare et très cher, à qq exception près, enfin j'ai quand même le sentiment, que même si les résultats sont là (grace à Dutronc par exemple) on a un peu loupé le coche "beatles" en France (ce qui n'est à mon avis pas le cas en Suède, en Espagne, aux Pays Bas etc, où les groupes "beat" ont été très populaires)

Suisse: malgré la taille du pays, quelques formations pas mauvaise du tout, en particulliers "les Sauterelles" à mon avis

Pacifique

Australie et Nlle Zélande: deux scènes pas mauvaises, mais à mon avis pas les meilleures en matière de rock 60s, bcp trop de covers des groupes anglais ou américains... quelques groupes se détachent du lot, dont les excellentissimes Easybeats, de loin la meilleure formation du coin à l'époque en terme de qualité/quantité

Japon: c'est marrant parce qu'il y a plein de fuzz tout le temps, mais c'est souvent cucu la praline, mais bon ya des trucs chouette quand même, notamment les Spiders!

Amérique

Amérique latine hispanique: en global il y a bcp de choses, même si à mon avis les disques se vendent trop cher pour ce que c'est, car faut pas déconner un groupe comme los gatos salvajes, quand tu vois les salvajes espagnol à coté, ça fait pas vraiment le poids, parmi les meilleurs restent los Shakers, une des meilleures copies des Beatles du monde, ou encore les York's pour leur originalité, ceci dit il y a un bon niveau franchement en global!

Canada: le Canada anglo-saxons nous a régalé de qq formations bien cool (comme les Guess Who des débuts, ou the Painted Ships sur la Back From the Grave) mais je voudrais donner une mention très bien à la scène québécoise, vraiment fertile, et avec qq formations top niveau, notamment les Misérables, et les Lutins! ah et ces derniers sont super populaires donc on trouve les disques facilement! dans les trucs rares "j'étudie mon grecque" reste un must absolue!

Afrique / Reste de l'Asie / Turquie:
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MessageSujet: Re: White Stripes - Icky Thump   Mar 28 Avr - 12:53

Sur cette scène espagnole que je connais pas trop il y a pas une bonne compil' ?

Sinon je suis tombé sur Gotta Survive de Public Nuisance, un groupe californien sixties, j'ai failli me décrocher la machoire devant la qualité de certains morceaux...
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MessageSujet: Re: White Stripes - Icky Thump   Mar 28 Avr - 14:32

Frankystooge a écrit:
Sur cette scène espagnole que je connais pas trop il y a pas une bonne compil' ?

Sinon je suis tombé sur Gotta Survive de Public Nuisance, un groupe californien sixties, j'ai failli me décrocher la machoire devant la qualité de certains morceaux...

pas de compilations légales non, par contre tu as les asubios, et en particulier la première qui sont biens
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MessageSujet: Re: White Stripes - Icky Thump   Mer 29 Avr - 22:32

Eric a écrit:
Si t'es de passage sur Paris, ce serait avec plaisir ! On pourrait faire une réunion des cerveaux (ça va être dur pour Rémi d'être là par contre).

Avec Frankystooge on se voit régulièrement aux mêmes concerts.

Ah! je plussoie avec une vigueur peu commune pour un colloque parisien (mais faudrait que ce soit un week-end, s'il est permis d'être chiant)
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MessageSujet: Re: White Stripes - Icky Thump   Jeu 30 Avr - 1:34

Béroalde De Fuzz a écrit:
Eric a écrit:
Si t'es de passage sur Paris, ce serait avec plaisir ! On pourrait faire une réunion des cerveaux (ça va être dur pour Rémi d'être là par contre).

Avec Frankystooge on se voit régulièrement aux mêmes concerts.

Ah! je plussoie avec une vigueur peu commune pour un colloque parisien (mais faudrait que ce soit un week-end, s'il est permis d'être chiant)

je crois que personne ne va se plaindre que ce soit un week end !
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MessageSujet: Re: White Stripes - Icky Thump   Jeu 30 Avr - 8:12

Si ma copine ! Very Happy Mais il y a toujours moyen de s'arranger !
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MessageSujet: Re: White Stripes - Icky Thump   Dim 22 Mar - 0:48

Dis donc Puck, t'aurais pas un ou deux autres articles en stock ? (juste pour voir si tout est du même niveau tongue )
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Puck
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MessageSujet: Re: White Stripes - Icky Thump   Dim 22 Mar - 7:59

Je n'ai rien archivé.

edit : Ceci dit y'en a sur le forum.

edit : Je suis allé voir sur webarchive, je t'aurai bien refilé une chro d'Elton John, mais j'ai pas trouvé de sauvegarde viable du site.
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Puck
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MessageSujet: Re: White Stripes - Icky Thump   Dim 22 Mar - 8:51

AH, tiens, si. Voilà une chro qui m'avait valu pas mal de rire, des insultes de fans d'Ange, le tout remontant jusqu'à des remarques du fils Descamp si mes souvenirs sont bons :

Il y a des jours où le simple chroniqueur, amateur qui plus est, se trouve face à un dilemme. Abandonner une chronique ? Traiter de tout ce qu’il écoute ? Que faire lorsque l’autoproclamé plus grand groupe de rock français (auquel on accepte volontiers, comme beaucoup d’autres, d’accorder ce titre) vient d’accoucher d’un album de variétoche (et pas variété, notez la touche péjorative) poussive ? Flash back.

Qu’est ce que c’est qu’Ange ? Ange c’est surtout Christian Décamps. Un personnage. Il dirige le groupe depuis trente ans à travers des vallées de poésies imagées par le talent de nombreux musiciens passés dans le groupe. A la grande époque un esprit rock-progressif habitait ainsi l’Ange, esprit qui semble oublié aujourd’hui. Que reste-t-il donc du plus grand groupe de rock français alors ? A les voir en concert il reste une bonne dose de rock, et Christian Décamps. Finalement, il a guidé son groupe jusqu'à lui donner un statut réellement particulier dans la musique française. Ange, c’est Ange, et rien d’autre. Et ce cru angélique 2005 colle à cette image. Pochette imagée et poétique, absence de titre soulignée par l’excentrique mention « titre de l’album : n’importe lequel de préférence ». Mais juste au dessus il y a bel et bien marqué « nom du groupe : ange ». Il n’y a bien que ça qui compte. C’est Ange, un point c’est tout, la musique derrière peut bien être interchangeable avec n’importe quoi d’autre, c’est l’image qui fait son mérite. Nous voilà tombés bien bas. Pourtant on aurait voulu l’aimer, et on a bien souri, la première fois qu’on a découvert ce titre en forme de point d’interrogation. Et puis on a commencé à se poser les questions. Retour au point de départ.

Bien-sûr, le talent n’est pas quelque chose qu’on perd totalement. Ange a été un très bon groupe, et Décamps un fort agréable poète, et cela n’a pas totalement disparu. Quelques textes en particulier ressortent un peu. Mais si peu. Quelques belles phrases ne méritent pas d’endurer « Entre Foutre et Foot ». Moi non plus je n’aime pas le foot et les machos, mais là ça me donne envie de retourner ma veste. C’est laid. Et puisqu’on parle de laideur, parlons production et sonorités. Le son frappe dès les premiers instants par son aspect lissé, toute aspérité étant gommée impitoyablement. Des arrangements synthétiques, plus accompagnement que musique, et parfois, le réveil d’une guitare et d’une section rythmique, sans profondeur, dénué de groove, mixé dans la même mélasse que le reste. Quant au milieu du « Couteau Suisse » la guitare arrive enfin, elle est presque plus désagréable que le vide qui la précède. Même type d’effet dans le long « Naufrage du Zodiaque » avec un riff accompagné de chœurs filtrés par un sac en plastique bio-dégradable. Quand Ange entretient le souvenir du rock-progressif, ça donne de la neo-variété-progressive. Pas dur, on prend deux chansons au lieu d’une, on les mélange en casant un break ou deux, des parties musicales avec vrais fausses orchestrations, et un solo aérien dit « du plus bel effet ». L’effet est lamentable.

Que reste-t-il d’Ange ? Ici, un simple souvenir subsistant à travers une musique insipide. Le groupe est-il mort ? On veut croire que non, mais rien ne permet d’en être sûr. L’absence totale d’ambition de cet album semble évidente, il n’y a que le nom d’Ange, pas même la volonté d’en faire un chapitre qui aurait un nom dans l’histoire du groupe. Alors on peut toujours espérer un disque plus ambitieux. Des textes plus réfléchis, une musique plus travaillée, et un réel travail de composition. On retrouvera peut-être alors le plus grand groupe de rock français. Si jamais cet album se voulait ambitieux, et que plus qu’un aveu de faiblesse, l’absence de titre était la prétentieuse revendication de son inutilité, alors Ange en aurait fini avec le rock. Et ne vous imaginez pas que le final "jazzouillis" les fassent pencher vers le jazz.
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Puck
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MessageSujet: Re: White Stripes - Icky Thump   Dim 22 Mar - 9:12

Hop, chui lancé, un truc qui aurait mérité d'être gardé, pas pour la chro, mais pour défendre un super album Montreuil Connexion totalement méconnu :


Il y a un certain paradoxe à parler de blues français, quand déjà notre terre n’est pas la plus favorable à l’éclosion du rock. Bien sûr, il y a du blues et du jazz dans les clubs parisiens et sur les scènes subventionnées en province. Tant de concerts intellos et/ou branchés, pour si peu de disques à peu près audibles à voir finalement le jour. Le blues, c’est d’abord le feeling (blue) et en suite la musique (pentatonique), le tout passé au shaker d’une des plus vieilles traditions de la musique populaire. Un siècle au moins. Un siècle de blues, ça veut dire plus de chansons simples que de morceaux alambiqués façon Clapton ou Alvin Lee, qui d’ailleurs n’écrivaient pas leur textes bien différemment des pionniers. C’est également un siècle de gimmicks accumulés, puis répétés inlassablement depuis au moins les années 60. Alors imaginez ces gimmicks traduits en français ? A première vue, ça ne peut pas être meilleur que les yé-yé reprenant le rock anglo-saxon, et pourtant…

Pourtant, avec tous ces gimmicks, l’harmoniciste Steve Verbeke parvient une fois encore à faire quelque chose de bon. Pour commencer, il a maîtrisé son style et son instrument pendant de longues années, ce qui évite toujours le pire. Et avec déjà deux bons albums dans sa musette, il revient avec un Parano franchement bandant. Son harmonica prend un peu de retrait par rapport au Montreuil Boogaloo vieux de déjà cinq ans, au profit de sa voix d’une part, et de l’ajout du souffle rauque d’un saxo baryton d’autre part, compensant avec originalité l’absence de contrebasse. Guitare et batterie complètent en toute logique le Roots Trio d’accompagnement. Question racines, on est servi avec un blues urbain basique et évident, allant jusqu’à s’inspirer très directement de Screamin’ Jay Hawkins sur « T’es seule maintenant ». A l’image des albums récents de Nine Below Zero, le mixage exemplaire fait sonner les musiciens avec une authenticité enivrante. Rythmes variés mais réguliers, solo toujours au rendez-vous, ce sont là les vieilles recettes du blues, appliquées avec efficacité pour tenir l’auditeur dans leur escarcelle. Par dessus, Steve Verbeke applique la maçonnerie française de l’édifice.

Le principe du blues est foutrement simple, il s’agit de transcender une émotion en la chantant. C’est un acte volontiers excessif et éventuellement ridicule, d’où le problème de l’adapter au français, une langue peu tolérante en matière de simplicité. Il faut donc reconnaître à Steve des talents particuliers de chanteur et de parolier, pour parvenir à nous faire passer sa pilule sans le moindre sentiment de malaise. Bien évidemment, un second degré parfois à la limite du pastiche fait régulièrement surface aux longs de textes juste assez répétitifs pour incarner la trivialité de leurs sujets (à gros traits, essentiellement la vie sociale). Un « J’ai de l’argent » pourrait fort bien donner du grain à moudre au premier moqueur venu, et pourtant la conviction et la maîtrise du sujet affichées par Steve Verbeke et sa bande font rapidement taire : ça reste prenant, et qui oserait dire que beaucoup de morceaux classiques du genre sont moins cons qu’un « j’ai d’l’argent mais j’ai besoin d’amour » ? C’est sûr que « I got money but I need love », ça fait plus sérieux, ça a le cachet anglais de l’authenticité. Mais la langue française, le trait direct qu’elle envoie à nos oreilles (à condition qu’il s’agisse de votre langue maternelle, vous me suivez ?), redonne au genre une vitalité et une jeunesse telles qu’on s’étonne de ne pas crouler sous les disques de ce type tant la formule est simple, évidente, convaincante. Ce qu’il faut avoir, et que Steve Verbeke possède, c’est un sens du rythme, du mot juste, pour qu’un morceau fonctionne sans fioritures. Après quoi viennent les ornements : ce saxo baryton qui enrichit tellement le son de l’album, quelques solos d’harmonica, un riff de guitare, etc.

En dernier lieu, le renouvellement au sein de Parano se fait par les participations de Corine Thuy-Thy qui enchante en particulier « La femme du fakir » (le sommet du disque) de sa voix légère sur un swing du saxo encore une fois simplement canon. Et c’est encore sans compter sur l’humour des paroles. La description de cet enfer conjugal jette sur le reste des compositions la certitude d’avoir affaire à une fine plume parfaitement consciente de l’ironie avec laquelle elle se joue du ridicule de ses mots. Ainsi, Steve Verbeke, bluesman avant tout – et c’est sans doute le plus grand compliment qu’on puisse lui faire – peut également fort bien être associé à toute cette nouvelle vague de la chanson française (sic) puisque ses disques sont bel et bien des disques de chansons. Des chansons blues, mais des chansons avant tout. Entre « Enervé » et un dîner avec Benabar, les points communs sont nombreux, et seul le blues fait la différence, encrant le sujet dans une tonalité musicale qui lui colle depuis, donc, un siècle. Sauf qu’au départ, le sujet était grave, en traversant l’espace et le temps pour échouer chez nous, il a perdu de son importance pour gagner en légèreté, humour, plaisir simple et fugace, à retrouver comme un fidèle ami à chaque nouvelle écoute.

C’est simple (combien de fois va-t-il falloir le répéter) et plaisant, c’est du blues, c’est français, c’est frais, c’est bien. Merci à Steve Verbeke, en espérant qu’il vende quelques disques, sans quoi il y aurait vraiment matière à avoir le blues pour de bon.
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MessageSujet: Re: White Stripes - Icky Thump   Dim 22 Mar - 9:48

\'service 
(c'est vraiment naze de les avoir virées, hein...)
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MessageSujet: Re: White Stripes - Icky Thump   Dim 22 Mar - 10:05

C'est la faute aux fachos qui ont pris d'assaut "mon" site. Razz
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MessageSujet: Re: White Stripes - Icky Thump   Dim 22 Mar - 10:47

Question

Bon pis si t'en as d'autres balance, hein !
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MessageSujet: Re: White Stripes - Icky Thump   Dim 22 Mar - 11:18

Bah en explorant les sites d'archivage du net, on doit pouvoir en retrouver quelques centaines. Razz
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MessageSujet: Re: White Stripes - Icky Thump   Dim 22 Mar - 11:25

J'vais faire ça Twisted Evil Comment s'appelait le site ?
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